Lors du dernier Midi Connexion en santé intégrative, présenté par Humain 360 avec AvrilPro, partenaire principal, et le Spa Eastman, Claudia Béland, infirmière et ostéopathe, a abordé un sujet qui touche de près de nombreux couples : la fertilité.
Son message tient en une idée : la fertilité est une équation complexe, et l’approche intégrative peut aider à en soutenir les éléments, à condition de rester équilibrée et sans culpabilité.
Une équation à plusieurs inconnues
Claudia préfère parler de « défi de fertilité » plutôt que d’infertilité, un mot qu’elle trouve rude. Dans une part importante des cas, aucune cause précise n’est trouvée. Plusieurs femmes lui confient qu’elles auraient préféré « trouver quelque chose », car vivre avec l’inconnu pèse lourd. La fertilité est multifactorielle : une somme de petits éléments plutôt qu’un coupable unique.
Le « cocktail de base »
Avant d’optimiser quoi que ce soit, il faut s’assurer que les ingrédients de base sont réunis : une ovulation, des trompes perméables, un équilibre hormonal favorable et des spermatozoïdes de bonne qualité. Claudia insiste : la moitié de l’équation vient du partenaire. Pourtant, les hommes consultent moins et la pression repose souvent sur la femme, ce qui peut même créer des tensions dans le couple. Selon la situation, un spermogramme est une première étape simple. Elle accompagne aussi toutes les configurations familiales : couples, mamans solo et couples de même sexe.
Repérer les drapeaux rouges
Claudia prend le temps d’un questionnaire initial détaillé pour décider si elle accompagne ou si elle réfère sans attendre. Certains signaux justifient d’agir plus vite : des cycles très irréguliers, surtout avec l’âge, des douleurs pelviennes importantes, une suspicion d’endométriose, de fibromes ou de polypes, un syndrome des ovaires polykystiques sans ovulation visible, des chirurgies ou infections pelviennes passées, ou des fausses couches à répétition.
Comme l’accès aux cliniques de fertilité comporte des délais et que plusieurs examens se font à des moments précis du cycle, mieux vaut anticiper. Le temps compte, et connaître ses limites de thérapeute aussi.
Connaître sa fenêtre fertile
Sa première intervention auprès des couples qui essaient naturellement est souvent éducative. Beaucoup se fient à une application qui calcule l’ovulation de façon mathématique, alors qu’elle peut survenir plus tôt ou plus tard selon la personne. Mieux vaut apprendre à reconnaître la glaire cervicale : glissante, qui s’étire comme un blanc d’œuf, elle annonce la fenêtre fertile et protège les spermatozoïdes.
Les tests d’ovulation signalent une ovulation imminente sans la confirmer, et peuvent être trompeurs dans certaines conditions. La température au réveil, elle, permet de confirmer après coup.
Optimiser la santé, pas seulement la fertilité
Alimentation, activité physique, sommeil, santé mentale, exposition aux perturbateurs endocriniens, suppléments : plusieurs leviers existent. Mais Claudia met en garde contre l’hyperoptimisation. Les suppléments et les rendez-vous coûtent cher, le parcours peut durer des années, et certaines femmes culpabilisent pour un verre de vin.
Elle propose plutôt de voir cette démarche comme un projet de santé personnel, qui profite à tout le monde, grossesse ou non. Le parcours est aussi une montagne russe d’émotions : un soutien psychologique peut être très précieux.
Le rôle de l’ostéopathie
Côté ostéopathie, le travail vise à créer de l’espace dans le bassin, à équilibrer les ligaments qui soutiennent l’utérus et à soutenir la circulation de la région, en regardant aussi ce qui se passe plus haut, comme le diaphragme. Claudia prend soin d’expliquer chaque geste à ses patientes.
Ce que la discussion a ajouté
Les échanges ont rappelé que le stress influence plusieurs conditions, que la cohérence cardiaque est un outil accessible, que la flore vaginale mérite plus d’attention, et que les déséquilibres hormonaux sont souvent le reflet d’un mode de vie à regarder en amont.
Pour aller plus loin
Claudia Béland sera conférencière au Congrès de la santé intégrative, les 22 et 23 janvier 2027 à Saint-Hyacinthe, avec sa collègue acupunctrice Aline Young, pour offrir deux regards complémentaires sur la fertilité.
Cet article présente des informations générales et ne remplace pas une évaluation médicale ni un suivi personnalisé en fertilité.



