La périménopause est une étape incontournable dans la vie d'une femme. Pourtant, malgré le nombre impressionnant de femmes concernées, cette période demeure encore mal comprise, parfois banalisée ou même associée à tort à une maladie ou à un déclin inévitable.
Lors du Midi Connexion SI 360, la Dre Lyne Desautels a proposé une réflexion éclairante sur cette phase de transition hormonale, en mettant l'accent sur la compréhension du fonctionnement du corps plutôt que sur la simple gestion des symptômes.
Une zone de turbulence hormonale naturelle
Selon la Dre Desautels, la périménopause peut commencer bien avant l'arrêt des menstruations, parfois dès la mi-trentaine. Cette période est caractérisée par une diminution progressive et irrégulière de certaines hormones, notamment la progestérone.
Cette transition rappelle en quelque sorte la puberté. Dans les deux cas, les hormones fluctuent de manière importante, créant une période d'adaptation pour l'organisme.
Les cycles deviennent parfois anovulatoires, ce qui signifie que l'ovulation ne se produit pas à chaque cycle. Comme la production de progestérone dépend directement de l'ovulation, son taux commence souvent à diminuer avant celui des œstrogènes.
Pourquoi certaines femmes vivent-elles plus de symptômes que d'autres ?
La réponse ne réside pas uniquement dans les hormones elles-mêmes.
Chaque femme possède une histoire unique, un bagage génétique, un environnement, des habitudes de vie et une capacité d'adaptation différente. Le stress chronique, le manque de sommeil, la charge mentale, les traumatismes ou encore les habitudes alimentaires influencent fortement la façon dont le corps traverse cette transition.
La Dre Desautels rappelle que nous vivons dans une société où le cortisol, l'hormone du stress, est souvent omniprésent. Cette surcharge physiologique peut amplifier les effets des fluctuations hormonales et rendre la périménopause plus difficile à vivre.
Une multitude de symptômes possibles
La périménopause peut se manifester de nombreuses façons.
Parmi les symptômes physiques les plus fréquents, on retrouve :
Les bouffées de chaleur
Les sueurs nocturnes
La fatigue persistante
Les douleurs articulaires
Les troubles du sommeil
La prise de poids abdominale
La sécheresse vaginale
La diminution de la libido
Sur le plan psychologique et émotionnel, plusieurs femmes rapportent :
Une irritabilité accrue
Des sautes d'humeur
Une plus grande sensibilité émotionnelle
Une diminution de la tolérance au stress
Une anxiété plus importante
Les fonctions cognitives peuvent également être touchées, notamment par le fameux « brouillard mental », les oublis fréquents et les difficultés de concentration.
Une question de santé globale
L'un des messages centraux de la présentation est que les hormones sexuelles ne servent pas uniquement à la reproduction.
Les œstrogènes, la progestérone, la testostérone et d'autres hormones exercent des fonctions dans pratiquement tous les systèmes du corps.
Elles participent notamment à :
La santé cardiovasculaire
La santé cérébrale
Le métabolisme
La régulation inflammatoire
La santé osseuse
La masse musculaire
La santé des tissus génitaux
C'est pourquoi la ménopause et la postménopause méritent d'être abordées dans une perspective préventive et non seulement symptomatique.
L'importance de la prévention
La Dre Desautels insiste sur le fait qu'il ne faut pas attendre l'apparition de problèmes majeurs pour agir.
Une attention portée tôt aux déséquilibres hormonaux peut contribuer à préserver la santé à long terme et réduire les risques associés au vieillissement, notamment :
Les maladies cardiovasculaires
Le diabète de type 2
L'ostéoporose
La perte de masse musculaire
Le déclin cognitif
Cette vision s'inscrit dans une approche de longévité en santé, où l'objectif n'est pas seulement de vivre plus longtemps, mais de conserver son autonomie et sa qualité de vie.
Les habitudes de vie : le premier traitement
Avant même d'aborder les interventions médicales, les habitudes de vie demeurent les premiers outils de régulation.
Parmi les piliers essentiels :
Le sommeil
La qualité du sommeil influence directement la production hormonale, la récupération et la régulation métabolique.
La gestion du stress
Réduire la surcharge de cortisol permet de soutenir l'équilibre hormonal et de limiter plusieurs effets négatifs associés à la périménopause.
L'activité physique
L'exercice contribue au maintien de la masse musculaire, de la santé cardiovasculaire et de la sensibilité à l'insuline.
La santé émotionnelle
Les émotions, les croyances, les traumatismes et la façon dont nous réagissons aux événements de la vie influencent également notre physiologie.
Une approche personnalisée
Un autre élément fondamental du webinaire est l'importance de l'individualisation.
Il n'existe pas une seule façon de vivre la périménopause. Chaque femme possède un terrain biologique unique et mérite une approche adaptée à sa réalité.
Qu'il s'agisse d'ajustements des habitudes de vie, d'accompagnement clinique ou d'hormonothérapie personnalisée lorsque nécessaire, l'objectif demeure le même : restaurer un équilibre physiologique permettant de mieux traverser cette transition.
Changer notre regard sur la ménopause
La ménopause ne devrait pas être perçue comme une perte ou une fin.
Elle représente plutôt une nouvelle étape de vie qui peut être abordée avec confiance, connaissance et autonomie.
Mieux comprendre ce qui se passe dans le corps permet de reprendre du pouvoir sur sa santé, de faire des choix éclairés et d'aborder cette transition avec davantage de sérénité.
Comme l'a souligné la Dre Desautels, il ne s'agit pas de lutter contre cette étape naturelle, mais bien d'apprendre à l'accompagner intelligemment afin de continuer à s'épanouir pleinement.



