À l’arrivée de l’automne, certaines personnes ressentent une baisse d’énergie, une somnolence plus importante ou une difficulté à retrouver leur rythme habituel. Les journées raccourcissent, la luminosité diminue et les routines quotidiennes deviennent parfois plus exigeantes. Mais faut-il attribuer toute cette fatigue au changement de saison?
Lors d’un Midi Connexion en Santé Intégrative, Dino Halikas, ND.A., propose une réflexion sur la fatigue d’automne, ses causes possibles et les moyens de soutenir l’énergie grâce à une approche globale et individualisée.
L’automne, une période de transition pour l’organisme
Le changement de saison peut modifier plusieurs aspects de notre quotidien. La diminution de la lumière naturelle, le retour à des horaires plus chargés et la réduction des activités extérieures peuvent influencer notre sommeil, notre niveau d’activité et notre sensation de vitalité.
La lumière joue notamment un rôle important dans la régulation de notre rythme circadien, c’est-à-dire notre horloge biologique. Elle participe à la synchronisation des périodes d’éveil et de sommeil.
Lorsque les journées raccourcissent, il peut devenir plus difficile de conserver une routine régulière. Nous passons parfois davantage de temps à l’intérieur, bougeons moins et négligeons certaines habitudes qui contribuent à notre équilibre.
Pour autant, la fatigue ne doit pas être systématiquement considérée comme une conséquence normale de l’automne. Elle constitue un symptôme dont il faut comprendre l’origine.
1. La lumière naturelle : un premier repère
Parmi les leviers présentés durant la rencontre, l’exposition à la lumière naturelle occupe une place importante.
Sortir à l’extérieur le matin, lorsque cela est possible, peut aider à maintenir un rythme veille-sommeil régulier. Il n’est pas nécessaire de prévoir une longue activité : une courte promenade ou quelques minutes dehors peuvent permettre d’intégrer plus facilement cette habitude au quotidien.
L’essentiel est de rechercher une exposition régulière à la lumière du jour, dans des conditions adaptées à la météo et à la sécurité. Il n’est pas nécessaire de regarder directement le soleil.
Le soir, à l’inverse, réduire les stimulations lumineuses peut favoriser une routine propice au sommeil. Diminuer l’utilisation des écrans avant le coucher, tamiser l’éclairage et conserver des horaires relativement stables sont autant de pistes à explorer.
2. Le sommeil : quantité, qualité et régularité
Dormir suffisamment ne garantit pas toujours de se réveiller reposé. La qualité du sommeil compte également.
Un sommeil insuffisant ou peu réparateur peut contribuer à une baisse d’énergie durant la journée. Le stress, des horaires irréguliers, certaines habitudes de vie, la consommation d’alcool ou encore des problèmes de santé peuvent intervenir.
Il est donc utile de s’interroger sur ses nuits : se réveille-t-on fréquemment? Se sent-on reposé au réveil? Les horaires de coucher et de lever varient-ils beaucoup?
L’objectif n’est pas de rechercher une routine parfaite, mais de repérer les habitudes qui peuvent être améliorées et d’observer leur effet sur l’énergie au fil des jours.
3. Le mouvement pour préserver sa vitalité
Lorsque les températures baissent, nous avons parfois tendance à réduire nos déplacements et nos activités physiques. Pourtant, conserver une activité adaptée à ses capacités fait partie des habitudes à privilégier.
La marche, les étirements, les activités de plein air ou une séance d’exercice peuvent aider à maintenir une routine active. Le plus important est de choisir une pratique réaliste et agréable, plutôt que de viser un programme difficile à tenir.
Même lorsque les journées sont chargées, de courtes périodes de mouvement peuvent être intégrées progressivement.
L’idée est simple : adapter son activité à la saison sans renoncer complètement au mouvement.
4. L’alimentation : rechercher l’équilibre plutôt que les solutions miracles
L’alimentation constitue un autre pilier de la gestion de l’énergie. Des apports insuffisants, une alimentation peu variée ou certaines carences peuvent contribuer à la fatigue.
Durant son intervention, Dino Halikas, ND.A., évoque notamment plusieurs nutriments susceptibles d’être évalués selon le contexte, comme le fer, la vitamine B12, les folates ou la vitamine D.
Il est toutefois important de ne pas conclure automatiquement qu’une fatigue traduit une carence. Les besoins varient selon les personnes, et la pertinence d’une supplémentation doit être déterminée en fonction de la situation individuelle et, lorsque nécessaire, d’une évaluation médicale.
Avant de multiplier les compléments alimentaires, mieux vaut donc chercher à comprendre ce qui pourrait expliquer la baisse d’énergie.
5. Stress et récupération : ne pas négliger l’équilibre global
L’énergie ne dépend pas uniquement du sommeil ou de l’alimentation. Le stress chronique, la surcharge mentale et le manque de récupération peuvent également peser sur le quotidien.
Prendre des pauses, pratiquer une activité relaxante, consacrer du temps à ses loisirs ou essayer des exercices de respiration peut aider à mieux gérer les tensions.
Ces pratiques ne remplacent pas une prise en charge lorsque celle-ci est nécessaire. Elles peuvent néanmoins s’intégrer à une démarche globale visant à mieux équilibrer les périodes d’activité et de repos.
Une approche intégrative pour comprendre la fatigue
L’un des messages centraux de cette rencontre est que la fatigue peut avoir plusieurs causes simultanées. Les habitudes de vie, le sommeil, la nutrition, le stress, certains médicaments et différentes conditions de santé peuvent tous entrer en jeu.
L’approche intégrative consiste à examiner la situation dans son ensemble, à identifier les priorités, à choisir des interventions adaptées puis à réévaluer leur efficacité.
Elle suppose également de reconnaître les limites de chaque approche et de collaborer avec les professionnels de santé appropriés.
Une fatigue nouvelle, importante, persistante ou qui s’aggrave mérite une attention particulière, notamment lorsqu’elle s’accompagne d’essoufflement, de palpitations, de faiblesses inhabituelles ou d’autres symptômes préoccupants. Une évaluation médicale permet alors de rechercher une cause et de déterminer la conduite à tenir.
Retrouver son énergie, un pas à la fois
La fatigue d’automne ne s’explique pas toujours par le changement de saison. Avant de chercher une solution rapide, il est utile de revenir aux fondamentaux : lumière naturelle, sommeil régulier, mouvement, alimentation équilibrée et récupération.
Ces habitudes constituent des points de départ, mais elles ne remplacent pas une évaluation lorsque les symptômes le justifient.
Comprendre avant d’intervenir, individualiser les recommandations et réévaluer les résultats : cette démarche résume l’esprit de la santé intégrative présenté lors de cette rencontre.
Et si, cet automne, la première étape consistait simplement à écouter les signaux de son corps et à chercher à comprendre ce dont il a réellement besoin?



